DT1896_met_monetR1024La Vague verte, Claude Monet (1866-1867)
Metropolitan Museum of Art («Met» de New York)

Magie de l’œuvre d’art: la peinture est immobile par définition, mais tout suggère ici le mouvement, de la position du bateau, déjà en haut et à gauche, déjà en partie hors du cadre, aux traces de houle; de la raideur impossible des matelots, qu’on imagine en tension constante, crispés sur les bouts; des nuages gris qui laissent deviner la dominance des vents sculptant la mer jusqu’à cette vague puissante qui donne son titre au tableau.

Passé le regard sur l’œuvre, l’interrogation peut surgir: quel peut être le rapport entre Monet et les présents gazouillis qui n’ont que de lointains rapports avec ceux qui pouvaient charmer le peintre à Giverny? Tout découle du cheminement qui a conduit non pas cette toile, mais sa reproduction sur/dans ce blog.

Tout commence par un tweet…

DT1896_met_monet-tweetJ’avais bien vu la première annonce sur Twitter, mais je l’avais laissé passer. Voyant ce gazouillis — et ne détestant pas Dürer (T’as le bonjour d’Albrecht, risquai-je en réponse), je mis ce message dans les favoris Twitter, me promettant d’aller y voir de plus près.

Aussi bien, en naviguant depuis ce lien, suis-je arrivé sur cette page:

http://www.metmuseum.org/collection/the-collection-online.

Le Met de New York a en effet ouvert en accès libre une galerie de 395000 œuvres (le fait mérite d’être relevé et, surtout, l’exemple d’être suivi!). Des messages sur les réseaux sociaux ont repris l’information: j’en ai au moins laissé passer un, sans doute plusieurs mais… j’en ai capturé un au passage, rapidement retrouvé, et j’ai pu arriver jusqu’à ce musée virtuel, passant de Dürer à Manet — je dis bien Manet. C’est dans cette série que le Monet s’est glissé, ce qui, tout bien considéré, nous rassure sur le maintien d’une once d’incertitude et d’un soupçon d’aléas dans un monde qu’on juge parfois trop précisément millimétré, classé, inventorié.

Comme quoi, malgré toutes les horreurs, toutes les inepties, toutes les absurdités qu’on peut s’infliger sur le Net, il peut être (quand un grand acteur culturel s’en mêle) une extraordinaire opportunité (car c’est une occasion favorable) de développer, démocratiser l’accès à l’Art — et Twitter (dans mon cas) s’en est fait l’intelligent relais.

Je ne connaissais pas cette Vague verte: grâce à Twitter (faute de voir le RER francilien prolongé jusqu’à New York), je l’ai découverte — et, en picorant, j’ai accédé à bien d’autres merveilles qui m’ont été révélées et peuvent être révélées à d’autres. Twitter peut donc se révéler fort utile dans une perspective purement, gratuitement, merveilleusement, admirablement culturelle: l’@rt pour l’Art!

Et tant pis pour Alain Finkielkraut.


Voir cet article de l’Express sur la mise en ligne des œuvres du Met de New York.

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