Michel Guillou est, comme il le dit lui-même, «un naturaliste tombé dans le numérique». Sur son blog intitulé Gingko (oui, comme l’arbre aux mille écus), il est moins botaniste que biologiste, disséquant les usages et non-usages numérique avec une redoutable précision d’entomologiste et un usage si incisif de la langue française qu’on la croirait parfois devenue scalpel.

Ainsi donc, il y analyse ce jour les gazouillis académiques, ceux donc de la trentaine de grandes circonscriptions régionales qui sont aujourd’hui, sous l’autorité des recteurs, les grandes subdivisions opérationnelles du ministère français de l’Éducation nationale. L’exercice ne manque pas d’intérêt.

Avant même les académies, il évoque le cas du ministère et de son compte officiel dont l’emploi reste cantonné, contre toute logique (délicate j’en conviens) de réseau, à une information descendante :

Le ministère ne s’est abonné à aucun compte individuel ou collectif hors institution. Aucun personnel de la maison, technicien, professeur ou même recteur, aucun élève, aucun syndicat, aucune association travaillant dans le champ de l’éducation n’a donc droit de faire partie du gotha.

Mais l’article analyse surtout les pratiques différenciées des académies: 9 n’ont pas de compte Twitter, 21 en ont créé un — mais tous sont loin d’être actifs et surtout peu ont une pratique un peu ouverte. Il y a encore des marges de progression, car, comme l’écrit @michelguillou :

Les académies doivent en prendre conscience et faire évoluer leurs pratiques. Il y a des enjeux forts à être présent dans ces espaces et à fédérer, via Twitter et d’autres réseaux sociaux, les acteurs d’une académie, à susciter leur collaboration,  à promouvoir et distribuer les contenus qu’ils partagent ou mettent à disposition de tous, sur le web ou ailleurs mais aussi ceux que l’institution leur offre sur les mêmes supports.

C’est le pair à pair qui va devenir la norme de l’échange. Si les comptes institutionnels veulent continuer à être utiles et fonctionnels, leur culture et leur posture doivent changer pour se mettre au niveau où sont tous les internautes. Il leur est donc indispensable de s’abonner, en retour à un abonnement ou préalablement à ce dernier, aux comptes des internautes « honnêtes » et, sans négliger l’information émise par l’institution, à relayer les contenus de qualité qu’ils proposent.

(C’est nous qui soulignons.)

¤ http://gingko.neottia.net/post/32804627106/academiques-gazouillis

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