Tweet de @francoisVinsot

Sur Twitter, d’un simple clic, on fait le choix de suivre un compte (ou pas), en anglais to follow.  L’anglais utiliser donc le dérivé follower (suiveur), mais la consultation de quelques dictionnaires en ligne¹ montre que le sens en anglais est plus proche de celui qui suit des règles (légales, religieuses) ou adhère à une opinion que de celui du suiveur français, et plus encore du péjoratif suiviste. Les pérégrinations langagières de cet article nous conduisent au nom, préférable à nos yeux, d’abonné.

L’usager francophone ne s’est pas encombré de complications. Il a francisé à tout va : Je (ne) followe (plus) Untel j’ai X followers. C’est ce que les linguistes appellent une reprise « par calque » (et dans ce cas, gare aux faux-amis). Ce n’est pas de l’anglomanie, mais de l’anglopassivité, à l’instar de l’arrobe (arobase) dont le glyphe @ est prononcé at². Mais contrairement à l’anglais, du coup, il n’y a pas besoin de contextualiser l’emploi du mot : follower et sa petite famille en français dans le texte renvoient systématiquement à Twitter³.

Si follower ne m’emballe pas (et c’est un euphémisme), que proposer à défaut de suiveur qui ne convient pas non plus ? C’est sans doute @LiseBouvet qui nous offre la solution (elle n’est pas la première sans doute et ne sera pas la dernière, mais elle est la plus récente).

Abonnés ! On ne suit pas comme un détective privé ou un paparazzi (quoique, chez certains fans accros au compte Tweeter de leur vedette préférée…), on s’abonne à un compte comme à un journal qu’on lit ou ne lit plus, qu’on aime consulter ou qu’on ne consulte plus en fonction de ce qu’il apporte (y compris les liens, les informations, les thématiques, les propos… et même le style d’écriture). Et la réponse à @LiseBouvet est que la qualité de ses messages, fussent-ils moins fréquents ou moins nombreux, suscite par elle-même suffisamment d’intérêt pour que des twitteurs plus nombreux s’y intéressent.

On s’abonne ou on se désabonne. On a des abonnés, d’ex-abonnés, des abonnés potentiels… et il en va de même pour ses propres abonnements. On peut ressentir des affinités (idéologiques, stylistiques, professionnelles, sociétales…), mais ce qui prime reste le message (ou plutôt les messages) plus que le messager, même s’il n’y a pas de vin sans bouteille, ni de bouteille digne de ce nom sans contenu appréciable (de Bourgogne, de Loire, d’Alsace et autres lieux évocateurs).

Le follower est un abonné : qu’on se le (lise) dise !

Visite utile

N o t e s

¹ Voir par exemple :
http://fr.bab.la/dictionnaire/anglais-francais/follower ou http://dictionnaire.reverso.net/anglais-francais/follower.

² Lorsqu’un anglophone indique son adresse, c’est logiquement qu’il dit : John.Smith (at) myprovider.com. Ce qu’il pense, c’est : John Smith chez myprovider.com (Remplacez myprovider.com par le fournisseur d’accès de votre choix. At n’est pas le nom du signe, et si l’on veut faire pareil en français, ce serait logiquement : Jean.Dupont chez monfournisseurdacces.fr. (Noter qu’aucun français ne dira dot comme l’anglophone, mais bel est bien point.)

³ Comme on trouve : j’ai facebooké telle ou telle info, image, vidéo…

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